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  1. #1 par darles le décembre 1, 2011 - 9:01

    Tenez bon. Continuez
    Un jeune indigné de 62 ans

  2. #2 par francine le juin 6, 2012 - 7:58

    Génocide et propagande : un guide vous permet de détecter les « bonnes » victimes
    Dominique Arias

    envoyer par mail | Partager103

    23 mai 2012

    Article en PDF :

    Depuis plus d’une dizaine d’années, notre site est l’un des rares à publier régulièrement, en français, des articles d’Edward S. Herman (fréquemment co-écrits par David Peterson). Très proche et allié de longue date de Noam Chomsky, qui a lui aussi co-écrit plusieurs de ses ouvrages, Edward Herman est connu et apprécié (ou détesté) dans le monde entier pour ses analyses implacables et extrêmement documentées de la couverture médiatique des conflits internationaux.

    Vient de paraître chez Lux Editeur (Montréal), Génocide et Propagande, dernier ouvrage en date d’Edward S. Herman et David Peterson (préface de Noam Chomsky)

    Dans la plupart de ses nombreux ouvrages et articles, Edward Herman conserve délibérément le même axe de recherche : éclairer la manière dont les conflits (et les crimes qui y sont commis) sont officiellement dénoncés et condamnés ou minorés au contraire, selon que les coupables et les profits sont à chercher du côté des occidentaux ou chez leurs adversaires.

    Dans cette même veine, et remarquablement documenté, Génocide et Propagande dénonce l’utilisation politique des termes « génocide » et « massacre », selon que les auteurs des exactions commises sont les forces américaines elles-mêmes, leurs alliés ou leurs adversaires. Irak, Bosnie, Kosovo, Afghanistan, Rwanda, Palestine, Congo… Comparant différents exemples de massacres de masse et le traitement médiatique qui leur a été accordé, les auteurs montrent clairement pourquoi certaines victimes sont dignes d’intérêt et d’autres pas, en mettant par exemple en parallèle, d’un conflit à l’autre, le nombre total des victimes et le nombre d’utilisation de ces termes phares, qui permettent de condamner ou non un pays ou un autre, un dirigeant ou un autre.

    Génocide et Propagande est le premier ouvrage en français dont Herman soit donné comme auteur principal (enfin !), son ouvrage le plus important et le plus internationalement reconnu, Manufacturing Consent, étant systématiquement attribué à tort à Noam Chomsky (qui se défend d’ailleurs très honnêtement d’en être l’auteur principal !). Ouvrage de référence en matière d’analyse du fonctionnement des médias, Manufacturing Consent a été caviardé deux fois de suite en français : d’abord en 2003 par les Éditions du Serpent à Plumes (« La fabrique de l’opinion publique »), puis en 2008 par Agone (« La fabrication du consentement »). Il est toujours impossible de le lire en français dans son intégralité et sa forme d’origine. Les autres ouvrages d’Herman n’ont jamais été traduits en français, à l’instar de ceux de John Pilger, qui portent sur les mêmes sujets, en dépit de leur succès considérable à l’étranger. Tout cela ne fait guère honneur aux éditeurs français, mais reste emblématique de la forte réticence des milieux intellectuels à voir remettre en cause le mode de production de notre représentation du monde. La crédibilité du modèle économique occidental repose essentiellement sur le mythe de l’indépendance et de la liberté d’expression de la presse. Poser le cinquième pouvoir dans son ensemble comme une industrie au service de l’industrie et de l’hégémonie des grandes puissances fait largement grincer autant de dents à droite qu’à gauche.

    Initialement écrit (en 2010) comme un simple article, Génocide et Propagande est un ouvrage dense et concis d’une centaine de pages à peine, et qui mettait déjà très vertement en cause la fameuse « Responsabilité de Protéger » (chère à Juppé, Sarkozy, Gordon Brown, Obama et Mme Clinton) et les dérives auxquelles elle ouvre, avant même son application méthodique par les pays leaders de l’Otan pour mener leurs sanglants coups d’État en Côte d’Ivoire ou en Libye – et bientôt en Syrie si on ne les en empêche – sous couvert d’un aval formel ou implicite de l’ONU. A l’heure ou l’OTAN domine presque totalement les décisions de l’ONU (dont il marginalise l’Assemblée Générale au profit du seul Conseil de Sécurité où il est majoritaire parmi les membres permanents) et semble sur le point de réaliser ostensiblement le rêve d’Hitler (briser et soumettre un pays après l’autre en toute impunité), la lecture de Génocide et Propagande ouvre les yeux sur la part que tiennent les médias occidentaux et leur rhétorique cynique et partiale dans ces rêves de conquête et leur réalisation. Franchement ça réveille !

    Dans cet ouvrage, Herman et Peterson reprennent, affinent, développent et complètent une idée déjà évoquée dans l’introduction de la réédition 2002 de Manufacturing Consent. Par une simple mise en parallèle, chiffres à l’appui, ils expliquent pourquoi les génocides et autres crimes de guerre sont toujours commis par « les autres » ; pourquoi les Occidentaux, véhéments défenseurs de la démocratie, du droit international, des droits de l’homme, des libertés et du « devoir d’ingérence », jugent indispensable pour parer à de tels crimes (avant même qu’ils ne soient commis), d’intervenir militairement, dans le cadre d’interventions « humanitaires » musclées (généralement sanglantes), et tiennent absolument à voir les coupables des crimes initialement allégués pour justifier leur intervention, condamnés et exécutés aussi rapidement que possible (assassinés, pendus, lynchés si nécessaire). Pas de théorie du complot ici, pas de complot non plus d’ailleurs, un simple mode de fonctionnement habituel, une simple routine, la raison du plus fort, biaisée, partiale mais somme toute « normale », et qui peut nous sembler parfaitement naturelle, pourvu qu’on n’y regarde pas de trop près – ce dont la plupart d’entre nous se dispensent volontiers d’ailleurs.

    Cependant, ce qui dérange le plus, en définitive, dans ce texte comme dans la plupart des articles et ouvrages d’Herman, et particulièrement lorsqu’on les lit en français, ce n’est pas tant la dichotomie elle-même de la couverture de crimes similaires, selon qu’ils sont commis par les forces américaines, celles de l’OTAN ou de leurs alliés, ou par celles de leurs adversaires (la destruction de Homs ou celle de Falludja, par exemple) et l’indignation générale ou l’indifférence qui y répond. Ce qui dérange le plus, c’est que les critiques de auteurs y dénoncent, en principe, l’attitude outrageusement nationaliste des médias américains et des intellectuels ou politiciens dont ils se font l’écho – leurs sources principales. Or, justement, que les médias américains soient chauvins et patriotes au point d’en être profondément malhonnêtes est certainement choquant, mais cela n’a rien de spécialement paradoxal. En revanche, que les nôtres suivent sur les mêmes événements exactement la même ligne, dissimulent ou biaisent les mêmes faits, défendent les mêmes positions, les mêmes revendications, les mêmes alliances, répercutent fidèlement les mêmes louanges, les mêmes calomnies, diffament les mêmes adversaires et disculpent les mêmes coupables, est beaucoup plus curieux et porte davantage à conséquence. Sur certains sujets, les médias français s’en prendront même unanimement à leur propre gouvernement plutôt que de bouger de cette ligne, et c’est justement là que le bât blesse. Ce résultat là, Edward Herman ne le vise même pas directement, il l’obtient tranquillement par ricochet, « par la bande », comme au billard… En dénonçant l’impérialisme et l’arrogance de son propre pays, ce qui est légitime (surtout pour celui là), il dévoile « presque accidentellement » l’alignement des autres médias occidentaux sur les intérêts et les politiques de la première des grandes puissances occidentales, et soulève un coin de voile sur quelque chose d’infiniment plus pervers et dérangeant que le simple patriotisme aveugle des médias américains. Et ça, vraiment… Ça vaut le coup d’œil !

    Edward S. Herman est Professeur Emérite de Finance à la Wharton School, Université de Pennsylvanie. Economiste et analyste des médias de renommée internationale, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont : Corporate Control, Corporate Power (1981), Demonstration Elections (1984, avec Frank Brodhead), The Real Terror Network (1982), Triumph of the Market (1995), The Global Media (1997, avec Robert McChesney), The Myth of The Liberal Media : an Edward Herman Reader (1999) et Degraded Capability : The Media and the Kosovo Crisis (2000). Son ouvrage le plus connu, Manufacturing Consent (avec Noam Chomsky), paru en 1988, a été réédité 2002.

    Génocide et propagande : un guide vous permet de détecter les « bonnes » victimes
    Dominique Arias

    envoyer par mail | Partager103

    23 mai 2012

    Article en PDF :

    Depuis plus d’une dizaine d’années, notre site est l’un des rares à publier régulièrement, en français, des articles d’Edward S. Herman (fréquemment co-écrits par David Peterson). Très proche et allié de longue date de Noam Chomsky, qui a lui aussi co-écrit plusieurs de ses ouvrages, Edward Herman est connu et apprécié (ou détesté) dans le monde entier pour ses analyses implacables et extrêmement documentées de la couverture médiatique des conflits internationaux.

    Vient de paraître chez Lux Editeur (Montréal), Génocide et Propagande, dernier ouvrage en date d’Edward S. Herman et David Peterson (préface de Noam Chomsky)

    Dans la plupart de ses nombreux ouvrages et articles, Edward Herman conserve délibérément le même axe de recherche : éclairer la manière dont les conflits (et les crimes qui y sont commis) sont officiellement dénoncés et condamnés ou minorés au contraire, selon que les coupables et les profits sont à chercher du côté des occidentaux ou chez leurs adversaires.

    Dans cette même veine, et remarquablement documenté, Génocide et Propagande dénonce l’utilisation politique des termes « génocide » et « massacre », selon que les auteurs des exactions commises sont les forces américaines elles-mêmes, leurs alliés ou leurs adversaires. Irak, Bosnie, Kosovo, Afghanistan, Rwanda, Palestine, Congo… Comparant différents exemples de massacres de masse et le traitement médiatique qui leur a été accordé, les auteurs montrent clairement pourquoi certaines victimes sont dignes d’intérêt et d’autres pas, en mettant par exemple en parallèle, d’un conflit à l’autre, le nombre total des victimes et le nombre d’utilisation de ces termes phares, qui permettent de condamner ou non un pays ou un autre, un dirigeant ou un autre.

    Génocide et Propagande est le premier ouvrage en français dont Herman soit donné comme auteur principal (enfin !), son ouvrage le plus important et le plus internationalement reconnu, Manufacturing Consent, étant systématiquement attribué à tort à Noam Chomsky (qui se défend d’ailleurs très honnêtement d’en être l’auteur principal !). Ouvrage de référence en matière d’analyse du fonctionnement des médias, Manufacturing Consent a été caviardé deux fois de suite en français : d’abord en 2003 par les Éditions du Serpent à Plumes (« La fabrique de l’opinion publique »), puis en 2008 par Agone (« La fabrication du consentement »). Il est toujours impossible de le lire en français dans son intégralité et sa forme d’origine. Les autres ouvrages d’Herman n’ont jamais été traduits en français, à l’instar de ceux de John Pilger, qui portent sur les mêmes sujets, en dépit de leur succès considérable à l’étranger. Tout cela ne fait guère honneur aux éditeurs français, mais reste emblématique de la forte réticence des milieux intellectuels à voir remettre en cause le mode de production de notre représentation du monde. La crédibilité du modèle économique occidental repose essentiellement sur le mythe de l’indépendance et de la liberté d’expression de la presse. Poser le cinquième pouvoir dans son ensemble comme une industrie au service de l’industrie et de l’hégémonie des grandes puissances fait largement grincer autant de dents à droite qu’à gauche.

    Initialement écrit (en 2010) comme un simple article, Génocide et Propagande est un ouvrage dense et concis d’une centaine de pages à peine, et qui mettait déjà très vertement en cause la fameuse « Responsabilité de Protéger » (chère à Juppé, Sarkozy, Gordon Brown, Obama et Mme Clinton) et les dérives auxquelles elle ouvre, avant même son application méthodique par les pays leaders de l’Otan pour mener leurs sanglants coups d’État en Côte d’Ivoire ou en Libye – et bientôt en Syrie si on ne les en empêche – sous couvert d’un aval formel ou implicite de l’ONU. A l’heure ou l’OTAN domine presque totalement les décisions de l’ONU (dont il marginalise l’Assemblée Générale au profit du seul Conseil de Sécurité où il est majoritaire parmi les membres permanents) et semble sur le point de réaliser ostensiblement le rêve d’Hitler (briser et soumettre un pays après l’autre en toute impunité), la lecture de Génocide et Propagande ouvre les yeux sur la part que tiennent les médias occidentaux et leur rhétorique cynique et partiale dans ces rêves de conquête et leur réalisation. Franchement ça réveille !

    Dans cet ouvrage, Herman et Peterson reprennent, affinent, développent et complètent une idée déjà évoquée dans l’introduction de la réédition 2002 de Manufacturing Consent. Par une simple mise en parallèle, chiffres à l’appui, ils expliquent pourquoi les génocides et autres crimes de guerre sont toujours commis par « les autres » ; pourquoi les Occidentaux, véhéments défenseurs de la démocratie, du droit international, des droits de l’homme, des libertés et du « devoir d’ingérence », jugent indispensable pour parer à de tels crimes (avant même qu’ils ne soient commis), d’intervenir militairement, dans le cadre d’interventions « humanitaires » musclées (généralement sanglantes), et tiennent absolument à voir les coupables des crimes initialement allégués pour justifier leur intervention, condamnés et exécutés aussi rapidement que possible (assassinés, pendus, lynchés si nécessaire). Pas de théorie du complot ici, pas de complot non plus d’ailleurs, un simple mode de fonctionnement habituel, une simple routine, la raison du plus fort, biaisée, partiale mais somme toute « normale », et qui peut nous sembler parfaitement naturelle, pourvu qu’on n’y regarde pas de trop près – ce dont la plupart d’entre nous se dispensent volontiers d’ailleurs.

    Cependant, ce qui dérange le plus, en définitive, dans ce texte comme dans la plupart des articles et ouvrages d’Herman, et particulièrement lorsqu’on les lit en français, ce n’est pas tant la dichotomie elle-même de la couverture de crimes similaires, selon qu’ils sont commis par les forces américaines, celles de l’OTAN ou de leurs alliés, ou par celles de leurs adversaires (la destruction de Homs ou celle de Falludja, par exemple) et l’indignation générale ou l’indifférence qui y répond. Ce qui dérange le plus, c’est que les critiques de auteurs y dénoncent, en principe, l’attitude outrageusement nationaliste des médias américains et des intellectuels ou politiciens dont ils se font l’écho – leurs sources principales. Or, justement, que les médias américains soient chauvins et patriotes au point d’en être profondément malhonnêtes est certainement choquant, mais cela n’a rien de spécialement paradoxal. En revanche, que les nôtres suivent sur les mêmes événements exactement la même ligne, dissimulent ou biaisent les mêmes faits, défendent les mêmes positions, les mêmes revendications, les mêmes alliances, répercutent fidèlement les mêmes louanges, les mêmes calomnies, diffament les mêmes adversaires et disculpent les mêmes coupables, est beaucoup plus curieux et porte davantage à conséquence. Sur certains sujets, les médias français s’en prendront même unanimement à leur propre gouvernement plutôt que de bouger de cette ligne, et c’est justement là que le bât blesse. Ce résultat là, Edward Herman ne le vise même pas directement, il l’obtient tranquillement par ricochet, « par la bande », comme au billard… En dénonçant l’impérialisme et l’arrogance de son propre pays, ce qui est légitime (surtout pour celui là), il dévoile « presque accidentellement » l’alignement des autres médias occidentaux sur les intérêts et les politiques de la première des grandes puissances occidentales, et soulève un coin de voile sur quelque chose d’infiniment plus pervers et dérangeant que le simple patriotisme aveugle des médias américains. Et ça, vraiment… Ça vaut le coup d’œil !

    Edward S. Herman est Professeur Emérite de Finance à la Wharton School, Université de Pennsylvanie. Economiste et analyste des médias de renommée internationale, il est l’auteur de nombreux ouvrages dont : Corporate Control, Corporate Power (1981), Demonstration Elections (1984, avec Frank Brodhead), The Real Terror Network (1982), Triumph of the Market (1995), The Global Media (1997, avec Robert McChesney), The Myth of The Liberal Media : an Edward Herman Reader (1999) et Degraded Capability : The Media and the Kosovo Crisis (2000). Son ouvrage le plus connu, Manufacturing Consent (avec Noam Chomsky), paru en 1988, a été réédité 2002.

    David Peterson est chercheur et journaliste indépendant.

    David Peterson est chercheur et journaliste indépendant.

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